Déménagements fréquents : attention aux conséquences sur les ados !

Une récente étude a démontré que des adolescents soumis à de trop nombreux déménagements avant leurs 14 ans étaient plus enclins à développer des comportements déviants ou des maladies psychiatriques une fois adultes.

Les foyers composés de personnes ayant un métier qui les oblige à changer fréquemment de lieu de vie doivent donc être particulièrement vigilants en préparant et en accompagnant au mieux leurs enfants avant, mais aussi après, un déménagement. Voici quelques conseils pour repérer les signes d’une mauvaise adaptation et améliorer le quotidien des adolescents en souffrance.

Un déménagement de trop

Selon des chercheurs des universités d’Aarhus (Danemark) et de Manchester (Royaume-Uni), les adolescents ayant souvent déménagé avant l’âge de 14 ans, et plus particulièrement entre 12 et 14 ans, sont davantage susceptibles de développer des pulsions suicidaires ou violentes, des addictions (alcool, drogues) ou encore des problèmes mentaux à l’âge adulte.

Pour en arriver à cette conclusion, ils ont mis en place une étude longue et fastidieuse, par l’intermédiaire de laquelle ils ont suivi pendant 25 ans plus d’un million de sujets nés entre 1971 et 1997. Ils ont ainsi pu constater que les individus ayant déménagé plusieurs fois avant leurs 14 ans se suicidaient deux fois plus que les autres, ou devenaient violents, alcooliques, accros aux drogues ou mentalement fragiles.

Une étude américaine similaire, portant cette fois-ci sur les performances scolaires, va dans le même sens puisqu’elle prouve que les adolescents ayant déménagé plusieurs fois au cours de leur scolarité seraient de moins bons élèves. Davantage renfermés sur eux-mêmes, ils ont également tendance à être moins sociables.

Pourquoi le déménagement engendre-t-il un tel phénomène ?

Si on considère le déménagement comme un évènement positif, occasionné par la volonté d’améliorer son confort et son bien-être en s’installant dans un habitat plus spacieux et conforme à ses besoins, ces résultats sont plutôt étonnants.

Mais il faut savoir que, pour l’adolescent, le déménagement rajoute tout simplement du stress au stress. En plus de devoir face faire aux nombreux changements psychologiques et physiologiques liés à l’adolescence, il doit s’habituer à un nouveau voisinage, se faire de nouveaux amis et s’intégrer dans une nouvelle école. Lorsque le déménagement est dû au divorce de ses parents, ou encore au licenciement ou au décès de l’un d’entre eux, il peut alors être vécu comme un véritable traumatisme.

Si le déménagement s’effectue dans la même ville et que l’adolescent ne change pas d’école, et conserve donc la majorité de ses repères, il est beaucoup mieux toléré (l’étude précitée n’a d’ailleurs pas pris en compte ce cas de figure, pour s’appuyer uniquement sur des déménagements entraînant une délocalisation géographique importante). En revanche, s’il reste dans la même commune, mais que son quotidien se trouve détérioré suite au déménagement (installation dans un habitat plus petit, dans un quartier défavorisé, chômage ou décès qui ont conduit au changement de domicile, etc.), il paraît plus qu’évident que cela un impact sur son comportement et ses résultats à court et moyen terme.

Déménagement mal vécu par l’adolescent : les signaux d’alerte

En effectuant un déménagement dans une nouvelle région en plein milieu de l’année scolaire, votre adolescent risque d’être un peu déboussolé et de développer un certain mal-être. En plus de quitter son logement, dans lequel il a tous ses repères, votre enfant doit se séparer de ses amis, se défaire de ses habitudes et dire adieu à ses lieux de sortie favoris. Un « deuil » compliqué, surtout qu’il s’installe sur un terrain déjà sinistré par des bouleversements physiques et psychologiques plus ou moins marqués.

Si certains ados peuvent être stimulés par le changement, la perspective de découvrir une nouvelle école et de se faire de nouveaux amis, d’autres peuvent au contraire se renfermer sur eux-mêmes. Ainsi, si vous notez qu’il change de comportement une fois installé dans votre nouveau logement, n’hésitez pas à lui en parler. S’il ne parvient pas à s’intégrer au collège ou au lycée, ses résultats scolaires en baisse sont un signe évident de détresse. Une grande fatigue, une concentration altérée, un manque d’énergie, la perte d’intérêt pour ses hobbies habituels ou encore une irritabilité constante doivent aussi vous alerter.

Comment déménager sans culpabiliser ?

Heureusement, rares sont les adolescents qui déménagent plus d’une fois au cours d’une seule et même année scolaire. 50% des déménagements ont en effet lieu entre juin et septembre, une période idéale qu’il faut, dans la mesure du possible, favoriser. L’année scolaire terminée, l’enfant peut se concentrer ce changement de lieu de vie et participer plus sereinement aux diverses préparations. Intégrer une nouvelle école à la rentrée ne sera pas une source d’angoisse puisqu’il ne sera pas le seul nouveau dans sa classe. Il n’aura pas non plus à s’adapter à une méthode d’enseignement différente en cours d’année et à s’habituer à de nouveaux professeurs. Enfin, même s’il laisse ses copains derrière lui, l’adolescent n’aura pas à « batailler » pour s’intégrer dans des groupes d’amis déjà constitués. Il sera certes en terrain inconnu, mais la plupart de ses camarades aussi.

Si vous envisagez de déménager, mettez votre enfant dans la confidence le plus tôt possible. Il n’y a rien de plus traumatisant pour lui que d’être prévenu au dernier moment ! Ainsi, il pourra non seulement mieux se préparer psychologiquement à ce grand bouleversement et il ne se sentira pas exclu du cercle familial. La décision de déménager vous appartient, mais il est cependant important de le tenir au courant sur l’état d’avancement du projet de déménagement.

Une fois dans votre nouveau foyer, encouragez votre enfant à rester en contact étroit avec ses « anciens » copains et planifiez sans attendre une date pour aller leur rendre visite. La séparation sera alors moins douloureuse et sera vécue de façon plus sereine.

Enfin, soyez en permanence à l’écoute et organisez des sorties avec lui. Ainsi, il ne se sentira pas seul le temps de retrouver de nouveaux amis !